Carnet de routes n°8 – Iran

“Cher client, votre vol pour Téhéran a été annulé”. Que demander de mieux! Nous étions encore en attente des résultats de la biopsie de Quentin. Ces deux jours supplémentaires à Abu Dhabi vont nous permettre enfin de savoir ce qui se cache derriére ce virus Indien aprés deux semaines et demie de test. Et oui, l’Inde encore, on l’aime et on la déteste vous vous rappelez ?
C’est au final le 13 Avril que nous mettons les pieds en Iran, sans visa. Impossible de le faire aux Emirats Arabes Unis étant non-résidents. Mais pas de panique, l’Iran c’est un pays qui s’ouvre et qui sans probléme nous délivre le visa à l’aéroport. Pas besoin de le faire “obligatoirement” avant comme le recommandent les ambassades en Europe. Vous le saurez pour votre prochain séjour!
À peine sortie de l’aéroport de Téhèran que nous avons l’impression d’être en France dans les années 90. Il pleut, fait froid et il y a que des vieilles Peugeot 309 et Renault 19. On y restera quelques jours pour voir des amies, découvrir les palaces des Shahs ou encore se balader dans le bazaar où plus de 600.000 personnes y passent par jour. Le Bazaar en Iran, c’est comme nos “centres commerciaux/supermarchés” en Europe! C’est un centre de vie important. La route de la soie en a fait ainsi. Ils représent  8% du PIB.
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Les deux semaines suivantes seront riches en patrimoine culturel mais aussi en rencontres. L’empire Perse nous dévoilera tout d’abord son charme au coeur de l’Iran. Des petites villes comme Kashan ou une ville-oasis au milieu du désert comme Yazd, en passant par le hub artistique à Isfahan, nous serons bluffés par ses hammans, timches (hall), mosquées aussi hypnotisantes les unes que les autres, etc.
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Ou encore des bazaars de plus de 800ans encore plein de vie où les vendeurs de tapis Perses nous font le plaisir de montrer leurs piéces telles des oeuvres d’art qui peuvent coûter parfois jusqu’à des centaines de milliers d’euros…
Puis, nous en apprendrons davantage sur la culture Perse et le mode de vie de ses habitants grâce à tous ces Iraniens qui nous ont accueillit comme des frères et soeurs. Tout commencera à Kashan où un vieil homme nous saute dessus avec son vélo:
- Hey you! Where are you from ?
- Hungary and France
- oh oh Welcome in Kashan, my city! i love tourist. I want to help them. It is my duty. What do you want ?
- Thanks sir. Well, do you know a good kebab place ?
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Et voila qui nous ramène dans un petit shop de 6m2 où un gaillard nous a cuisiné le meilleur kebab d’Iran. Il nous offre le repas, nous donne pleins de conseils puis reprends sa route 1h plus tard comme si de rien n’était. Des rencontres et moments comme ca, il y en aura pleins d’autres…
Omid, on l’a rencontré à la mosquée Agha Bozorg de Kashan. Il prendra toute une journée et n’ira même pas à son travail une matinée pour nous montrer sa ville, son quartier, sa mosquée, sa religion, partager ses idées, sa vision de l’Islam, l’Iran, l’Europe, etc.
Hamid, on lui avait demandé notre chemin. 5 minutes plus tard, nous avions son numéro et le lendemain nous nous reverrons pour pique-niquer “à l’Iranienne” avec sa femme. Ils nous feront également découvrir Isfahan et ses alentours le temps d’une soirée!
Mostafa et son invitation surprenante. Il rencontre Agota dans notre guesthouse et lui demande d’où est-ce qu’elle vient. La réponse “Hongrie” lui parut si exotique qu’il nous invite sur le champ à venir chez lui! Encore une belle soirée!
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Et tous les autres qui nous ont invité pour un thé, un repas (celui cuisiné par leurs méres bien sûr héhé) ou dormir chez eux. Quel bonheur de se frotter au plus prés de la culture Iranienne. Même si parfois, faut avouer… c’est trop. Toute cette génèrosité et hospitalité pour savoir ce qu’on pense de l’Iran, pourquoi, etc. Ceux sont des échanges intéréssant mais c’est sans fond. Ces discussions et invitations ici et là pour constamment essayer d’améliorer l’image de l’Iran sont ennuyantes aprés 4 semaines. Ils sont convaincus que nous voyons l’Iran comme un pays extrêmement dangereux, en guerre et difficile. Ils veulent donc un peu arondir les bords. Cette vision, il semblerait que nous sommes pas les seuls à y penser. Loin de là. Et puis, l’importance qu’occupe la religion au sein du gouvernement est palpable… Leur politique a des impacts non négligeables sur la vie quotidienne des Iraniens, et touristes. Bref, l’Iran c’est un pays pleins de contrastes.
Pour découvrir une autre facette de ce pays, nous sortons donc des sentiers battus pour le Nord-Ouest pour faire un trek, longer la Mer Caspienne et laisser le temps couler dans les petites villes et villages Iraniens.
Nous sommes plus que prêt pour entamer ces deux dernières semaines en Iran puisque nous avons eu la chance d’être remis sur pied et nettoyé comme jamais dans notre vie, à Yazd, dans un trés vieil hamman. Ali et sa fille nous masserons et laverons le corps à même le sol pendant 1h. Agota aura même eu le privilège, dans sa petite pièce privée de 5m2, d’être lavé nue… tout comme la masseuse!
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Aprés 12h de train, 4h de sieste sur un banc et 3h de route, nous arrivons enfin à Razor Khan. Dans ce petit village, nous ferons du baby-sitting avec le petit Amir Hossein de la manager, cuisinerons avec elle, mangerons du miel sortie tout droit des ruches, et partirons pour un trek de 2jours rejoindre la belle-famille de notre guide Ali. Des paysages digne d’une carte postale de Suisse (sans les lacs). Nous ne sommes plus en Iran pendant ce court séjour dans les montagnes d’Elbrourz. Nous profiterons uniquement de la vue le lendemain car notre premiére journée se fera sous la pluie, boue et brouillard. On arrive dans ce village et ses quelques baraques de fortunes trempés, épuisés. Nous reprenons des forces avec des délicieuses brochettes du gibier shooté le matin même. On se demande comment ce petit homme trapu a pu ramener cette carcasse d’aussi loin. Cette viande grillés sur les cendres, fromage des chévres qui bêlent dans l’arriére-cour… On ne peut pas faire plus locale comme repas!
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Fin Mai, nous reprenons la route pour longer la Mer Caspienne. Les plages sont “superbe” comme disent beaucoup d’Iraniens. En faite, elles sont grises/noires et les voitures peuvent y circuler. Dans le Sud, les plages sont mieux. Tant pis pour nous, on se rattrape en jouant au backgammon avec un bon qijab (shisha Iranienne) dans le petit café du port et préparons notre route pour les pays du Caucase qui nous attendent.

Agota & Quentin

 

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