Carnet de routes n°7 – De l’Himalaya au Wahiba desert

Après notre semaine de yoga, lecture et découverte de la région avec la légendaire Royal Enfield (moto Indienne), nous partons enfin à la conquête des Himalayas. Nous commencons par une journée de route pour arriver à Auli. C’est avec deux guides, 4 autres trekkeurs et 4 chevaux que nous marcherons les 4 prochains jours pour atteindre le pic Pangarchula.

Le premier soir nous campons à 2500m sur une plaine encore verdoyante mais le lendemain matin, surprise, elle a disparu sous les cm et cm de neige qui sont tombés toute la nuit. Changement d’ambiance. Le paysage est à couper le souffle et l’aventure commence pour de bon. En effet, ce paradis tombé du ciel rend la tache bien plus difficle. Nous marcherons les prochains jours avec de la neige jusqu’a mi-cuisse ralentissant notre cadence. Et nos pauvres matelas ne suffiront pas à nous protéger des nuits à -5 degré sur la neige.
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Notre première victoire sera celle du pic de Kuari Pass à 3800m. Nous l’atteindrons ensemble et rentrons fêter ça avec des nouilles nature et du thé au camp de base. Le lendemain, nous sommes plus que 3 trekkeurs. Les conditions météo et le manque d’acclimatisation (+3000m de dénivelé en 3 jours) mettent nos corps à rude épreuve. Quentin partira avec Raul, Greg et deux guides pour atteindre le pic à 4500m. À partir de 4000m, le manque d’oxygéne et les maux de tête se font ressentir rapidement et l’état dans lequel nous avons commencé le trek n’arrange pas les choses. Les deux derniéres heures n’ont pas été facile mais comme tout le monde, le mental était présent. Quel bonheur d’arriver en haut et de laisser les Himalayas dévoiler leur charme. Au retour, difficile de parler notamment pour Quentin, le manque d’air se fera ressentir jusqu’au lendemain matin mais les etoiles dans les yeux que nous aurons offert ce trek resterons bien plus longtemps.
Le 13 Mars, nous partons de l’Inde, enfin! Après 2.5 mois de voyage dans ce pays qui ne s’explique pas, vraiment. C’est une aventure à forte dimension humaine, culturelle et culinaire. On reviendra à vous dire simplement, comme beaucoup d’autres voyageurs rencontrés sur la route que “L’Inde, tu l’adores et tu la déteste”. Mais tous, souhaitent y retourner…
Quelques heures plus tard, nous sommes sur un autre continent: le Moyen-Orient. On commence par la péninsule Arabique avec le Sultanat d’Oman. Á Mascate, la capitale, nous laissons un de nos bagages à l’aéroport pour voyager léger car nous allons camper les deux prochaines semaines.
En effet, voyager à Oman est compliqué et cher. Une nuit d’hôtel/auberge coûte deux fois plus chére que notre budget journalier à 2 (tout compris). On a lu sur le site du Lonely Planet que “Oman n’était pas du tout une destination pour les backpackers”. Les transports en commun sont quasi inexistants ou extrêmement couteux (taxi ou location de voiture) mais nous avions vraiment envie de découvrir ce pays! Rien est impossible! On a donc acheté une tente et tous le matos qu’on laissera plus tard à Abu Dhabi chez les parents d’Agota. Et avec nos jambes et notre pouce on devrait reussir à avancer, Inch’Allah. Pour information, Oman est une destination phare dans la région pour faire du camping sauvage. La plupart des touristes optent pour l’option 4×4 + tente pour profiter au maximum de cet espace de liberté grand comme la Pologne.
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On se rappellera particulièrement de notre nuit dans le désert. Après avoir fait un peu de stop, les premières dunes se dessinent à l’horizon. On nous dépose au village voisin et commencons à marcher pendant 2h à travers ses dunes qui ne cessent d’être plus grandes les unes que les autres. Arrivés en haut, on continue notre route jusqu’à être totalement coupés de tous signe de civilisation afin de s’immerger comme on peut dans cette “vie de Bédouin” l’espace de nuit. Autour de nous, il y a un rien. Juste un océan de sable et un le sifflement du vent chaud qui coupe ces immenses dunes de sables. On met la tente et commencons à cuisiner notre repas spécial camping: moutabal ou humus en apéro, puis conserve de lentilles d’Arabie Saoudite pour plat principal. Mais le vent commence à se lever, le sable nous attaque de tous les côtés et l’horizon se trouble. On veut pas y croire mais nous avons bien l’impression qu’une tempête de sable arrive droit sur nous. On remballe tout et sautons dans la tente en attendant que ca passe. 30mn plus tard, on sors. Le calme. Pas un bruit et une superbe pleine lune qui éclaire notre nouvel habitat. Pas beaucoup de changement mais toutes les dunes ont une forme différente, impossible de retrouver nos empreinte sur le sable et notre tente est remplie de sable (super nuit!).
Trois autres nuits seront aussi inscrites dans les annales et les registres de police. Les deux premiéres se passent bien dans les Wadis. C’est une petite riviére dans les canyons qui peut sortir de son nid en quelques heures lors de grosses averses et faire des ravages sur les villages voisins, mais à part ca c’est magnifique! Le soir, quand les autres touristes ont fini leurs baignades, nous sommes seuls. Nous avons l’impression d’être perdu au bon milieu d’un grand canyon. Magnifique!
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Et pour la dernière nuit, nous étions pas loin du centre-ville et avons campé au mauvais endroit malgré l’accord du propriétaire. La police nous emmène pour un interrogatoire mais nous relâche trois heures plus tard et nous paye l’hôtel! Un léger malentendu puis ils nous disent “Omani police take good care of tourist”. On tente de refuser l’invitation mais impossible de changer leurs avis. Nous profiterons d’avoir une douche,OLYMPUS DIGITAL CAMERA une vraie, et savourons les dates Sakuri d’Arabie Saoudite que nous avons acheter le matin même au splendide souk de Nizwa. Elles étaient vraiment à se taper le *** par terre! Les plus bonnes que nous ayons goutés de notre vie!
L’hospitalité Omainaise, on la rencontrera tous le long de notre voyage. Ces gens ont le coeur sur la main et toujours prêt à aider. L’une des plus belles rencontres se fera à Sur, sur la côte à 170km de Mascate. Nous faisons la connaissance d’Ali et son ami Mubarrak. On peut dire que ce professeur de mathématique et ce businessman savent recevoir des invités. Comme le veut la tradition Bédouine pour les Omanais, il faut nourir/loger/divertir pendant trois jours minimum le dernier voyageur arrivé à l’oasis. Fidèle et fier de leurs racines, ils s’en feront tout autant. Pendant trois jours, ils vont nous faire découvrir leur ville comme personne d’autre! Ils ne veulent surtout pas qu’on s’ennuie dans leur petite ville de 70 000 habitants et son petit marché au poisson et de dows (bateaux traditionnel). On passera des heures et des heures dans leurs voitures à déambuler dans les rues tels des gangsters à parler de tout et rien. La voiture, c’est leur deuxieme maison. On saute de teashop en teashop entre des plongées en mer (dont une où nous verrons des os de requin juste avant de se baigner…rassurant?) visite de villages, découverte de la plage aux tortues ou tout simplement se poser sur les collines de la ville ou sur la plage à deguster du thon ou kingfisher fraichement pêché il y a quelques heures. OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Les Omanais sont également très très fiers de leur pays. Ce sont “Les vrais Arabe d’Arabie” comme ils disent. On aura beaucoup appris sur leur mode vie, que ce soit celui d’aujourd’hui comme celui des bédouins il y a seulement quelques dizaines d’années. On aura également élargi nos connaissances sur l’Islam, surtout grâce à Hafid, un volontaire du centre d’information islamique de la mosquée du Sultan Qaboos. Une merveille! Lui et ses confréres donnent de leur temps aux touristes pour approfondir leurs connaissances sur l’Islam, ses différences et similitudes avec les autres religions. Ils ont un tas d’outils, livres et fascicules – financé par le Sultan – pour aider les touristes à comprendre leur religion et démystifier les préjugés que les médias peuvent véhiculer parfois. Belle initiative!OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Sinon, pour le côté fun, voilà trois anecdotes qui nous font rire à Oman:
- les transports en commun (mini-bus partagé) se trouve sur l’autoroute ou en sortie. Heureusement, c’est pas très compliqué pour les arrêter mais il faut mieux avoir l’oeil (90%des voitures sont blanches) et pas avoir peur d’être sur une bande d’arrêt d’urgence qui ressemble à un pauvre trottoir d’1m de large.
- tous les cafés sans exception se nomme tous de la meme façon: “coffee shop”

– Aucun Omanais sort de sa voiture pour commander son thé. Un klaxon, un geste de la main et c’est réglé. D’ailleurs, leur thé vert avec du zataar (épices arabes) et de la cardamon est excellent!

Agota et Quentin

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