Carnet de routes n°6 – “Incredible India”

Le 29 Décembre vers 20h, nous arrivons à Kolkatta Airport et embarquons dans la mythique “ambassadeur”, voiture des politiciens et bureaucrates Indiens des années 60 reconvertie en taxi. Sur la route, nous sommes vite emballés par ce défilé nocturne d’oeuvres d’art à quatres roues. Les motifs, signes et lettres peints à la main sur ces taxis, camions, rickshaws et bus datant d’un autre siècle sont hypnotisants!

Le lendemain, nous découvrons cette ville pleine de vie avec ses 17 millions d’habitants. Il y a constamment quelque chose à regarder, entendre, sentir et goûter. Les klaxons des bus dignes des sonneries d’un nokia 3310 qui perce le tympan, les habits traditionnels si colorés et captivants, la police et style des enseignes de magazines ou affiches aussi belles que des oeuvres de street-art Parisien, les stands de chaïwallahs qui proposent encore du thé dans des petits pots de terre cuite de 5cl, les personnes âgées qui poussent encore des rikshaws, les street-foods qui proposent des saveurs si riche et intense dont nous ignorions encore l’existence, les chiens érrants qui se battent pour manger ou dormir dans une poubelle, les bouchers qui tranchent aveuglement le cou des poulets avec leur vieille fourche, etc. Difficile de décrire l’Inde, honnêtement. C’est un pays qui se sent, qui se vit!OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Mais pour le nouvel an, c’était tout le contraire. Il n’y a rien à “sentir” ou “vivre” du tout! Les hindous ne suivent évidemment pas le calendrier Géorgien mais fête quand même 2016 en marchant le long d’une rue avec les décorations de Noël tout en regardant le traffic et c’est tout. Les rues sont bondées de monde mais il n’y a pas de décompte, pas de cris, pas d’accolades. On se souhaite limite “Bonne année” à deux dans le silence…

Notre semaine à Kolkatta sera rythmé par la rencontre avec notre partenaire de micro-finance STEP, les pièces de théatres*, concerts, cinéma bollywoodiens*, galeries d’art et musées. On se plonge comme on peut dans cette culture si riche. En même temps, nous sommes au bon endroit! Le Bengale est une région réputée pour son histoire, son patrimoine et sa fibre artistique. Nous en profiterons encore a Malda, petite ville musulmane à la frontière Bangladeshi; et Shantiniketan, ville où le célèbre poéte Rabindranath Tagore, premier prix Nobel de la Litterrature en Inde, a crée une université en 1921 pour que l’Inde s’ouvre au monde. Nous arrêterons notre séjour Bengali à Darjeeling, aux portes de l’Himalaya. OLYMPUS DIGITAL CAMERACes plantations de thés mondialement connues, sa forte influence Tibétaine, sa culture et son institut sur l’Himalaya, sa cuisine, sa splendide vue sur le troisieme pic le plus haut du monde (Kanchenjunga – 8586metre). Nous avons aussi découvert que le premier dictionnaire et livre de grammaire Anglais-Tibétain avait été créer par un Hongrois, Alexander Csoma de Koros et que l’isolation, cette belle invention, nous manquait quand il faisait -20degrés la nuit.

*C’était en Hindi. Heureusement, les talents de comédiens/danseurs/chanteurs des Indiens nous ont permis de suivre… Regardez la bande annonce de “Hawaizaada” ou “Dilwale”, vous ne serez pas déçus.

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Nous repartons le 18 Janvier pour Gaya en train de nuit. À chaque arrêt, les vendeurs ambulants se mettent à marcher et crier le long des couloirs proposant tout et n’importe quoi. Mais le plus surprenant sont ces street food ambulantphotos fait à base de conserves et bidons d’huile, ou encore les massages. Quentin n’a pas pu resister. Le veille homme rigole à l’idée de masser un blanc avec une touffe de cheveux pareille . Il commence par l’asperger d’un liquide d’un vert foncé douteux puis masse ou plutôt frictionne sa tête tel un chien grattant son oreille avec sa pâte avant d’attaquer ses bras, doigts et dos avec ses techniques de relaxation ancestrales et bordéliques.

On se réveille quelques heures plus tard en sursaut quand on voit que notre train ne s’arrête pas à notre station… Une série de question s’enchaine par la suite, comme tout le long de notre voyage en Inde. Pourquoi devons-nous sortir à une station lambda à 4h du matin à moitie-endormie, prendre un tuk-tuk pour rejoindre une autre gare 20km plus loin afin de sauter dans un autre train in-extremis dans le wagon marchandise de la classe generale*? Pourquoi les trains ont entre 2h et 6h de retard en moyenne ? Et si on rapporte ça à la vie courante: Pourquoi on peut recevoir un ventilateur gratuit quand on achète une TV ? Pourquoi des hommes pissent a genoux dans les rues ? Pourquoi tu peux te peser dans un fort ? Pourquoi il y a un décapsuleur au milieu de la porte de salle de bain ? Pourquoi tant de choses… Notre réponse, il y en a pas. Juste “C’est l’Inde”.

*C’est la classe où les Indiens laissent les portes du wagons grandes ouvertes pour se suspendre et s’entasser dehors; où tu t’écrases littéralement les uns contre les autres; où l’odeur des toilettes vient te piquer le nez tout le long du voyage pendant 5heures debout ; où tes souvenirs du métro Parisien à 8h en semaine sont doux et chaleureux.

Puis, c’est à Varanasi, cette ville sainte Hindoux où nous ferons un stop de deux joursphoto 1. Ou finalement deux semaines. Quelques jours cloués au lit (malade) et 1 semaine et demie de volontariat nous aurons bien occupé. On a enseigné et aidé aux développement d’un centre éducatif pour les enfants démunis et leur programme pour l’émancipation des femmes. Le systeme éducatif Indien est trés different du notre. Le matin, c’est une heure de yoga; si on termine en avance un cours de mathematiques la maitresse balance son portable au milieu de la salle et tout le monde danse. Plus libres et creatives, l’Inde nous aura encore surpris! Nous aurons aussi la chance de fêter avec eux le jour de la République où les enfants chantent des vieux poemes, hurlent en coeur “Mahatma Gandi, Indira Nehru,..” et dansent sur du Bollywood. Merci encore à Money, Prem, Ritu, Sannita pour leur accueil et joie de vivre !

A Varanasi, nous nous réveillons et couchons avec les chants des céremonies le long du Gange ou les mariages dans les rues. Les fameuses ghats sont un espace de vie unique au monde dont les délires architecturaux lui permettent d’être qualifié à la fois comme un quai, un espace public, des marches, un quartier, etc. L’énergie qui se dégage ici entre la vie, la mort et les divinités hindoux est palpable! Entre les enfants qui jouent au cricket à côtés des vaches, les babas en quête de spiritualite divine qui méditent pendant des heures et des heures, les corps des pélerins qui brulent, les rituels familiaux sur les marches en fin de soirée…

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Le 5 Février, on fonce a New Delhi pour récupérer la famille de Quentin. Nous traverserons le Rajashtan ensemble pendant 10jours. L’une des plus belles régions de l’Inde! Malheureusement, Agota passera une partie du séjour à l’hôpital (la nourriture Indienne ne l’aura pas épargné… mais elle va mieux maintenant). Entre-temps, Quentin a fait un skype avec les étudiants de la Faculté Libre des Sciences Économiques et Gestion dans le cadre de leurs cours de micro-finance pour répondre à leurs questions. Un échange  très intéressant!

Nous avons repris la route fin Fevrier direction l’Uttarakhand. Une région plus montagneuse où nous laisserons le temps couler un peu. Agota fera du yoga deux fois par jour dans un Asram au lever et coucher du soleil; puis nous reprendrons la lecture, l’écriture et la préparation de deux challenges pour le mois de Mars: l’ascension d’un pic de l’Himalaya à 4700m puis camping sauvage pendant 15jours à Oman.

Bonne semaine à tous,
Agota et Quentin

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